Le déni de l’auto-sécurité
Le déni de l’auto-sécurité ou la perte de la préservation de soi
Chaque mois, nous vous proposons une synthèse libre issue de la compréhension d’une lecture qui nous a inspirée. Notre conviction : « La connaissance est le seul mets qui s’accroit lorsqu’on le partage ».
L'inspiration du mois
SIGMUND FREUD – L’inconscient
Emblème de la psychanalyse, l’inconscient psychique est cette part cachée de nous-mêmes, rebelle à toute observation directe, qui ne se révèle qu’à travers ses effets au quotidien (rêves, actes manqués, symptômes). Freud en dégage les lois dans cet essai capital de 1915 qui annonce la future thématique du moi, du ça et du surmoi. Notre inconscient est-il seulement composé de ce que nous refoulons ? Quels rôles nos pulsions y jouent-elles ? Existe-t-il des sentiments, des émotions, des affects inconscients ? Pourquoi l’inconscient prend-il sans arrêt de nouvelles formes?
👁️🗨️ La synthèse libre selon Kaleïdo
Qu'est-ce que le déni de l’auto-sécurité ou la perte de la préservation de soi ?
Il s’agit d’un phénomène inconscient qui apparait lorsque la quiétude liée à la compétence (sentiment de maîtrise) supplante l’angoisse liée au danger de l’action.
Autrement dit, plus nous sommes compétents, plus nous risquons de nous mettre en danger sur les plans physique, mental ou relationnel.
Dès lors que l’on entre dans une zone de confort liée à la maitrise inconsciente du geste (je ne sais plus que je sais) va apparaitre un risque d’évasion mentale du présent.
Alors que le corps est encore au présent, l’esprit quant à lui entre déjà dans la phase suivante.
Ce phénomène est en partie décrit comme une mise en œuvre de notre inconscient cognitif dans un espace-temps où nous risquons de nous mettre en danger.
De nombreux accidents (domestiques, de la route…) se produisent à quelques minutes du moment où nous allions terminer une action qui, jusqu’à lors, nous avait demandé une grande vigilance.
Qu'est-ce que l'inconscient cognitif selon S.Freud ?
Selon Freud l’inconscient est cette part cachée de nous-mêmes, rebelle à toute observation directe, qui ne se révèle qu’à travers ses effets au quotidien (rêves, actes manqués, symptômes).
L’inconscient cognitif ou le non-conscient est défini comme les opérations mentales que le sujet opérant ne se souvient pas avoir réalisées.
Par exemple, nous n’avons pas conscience de toute la régulation neurologique en jeu lorsque nous exécutons un mouvement appris (compétence) : conduire une voiture, marcher, jouer d’un instrument, manipuler un outil…
C’est une stratégie inconsciente de gestion émotionnelle, telle un mur invisible qui se construit afin de compenser la tension liée à la perception angoissante du danger et traduite par une utilisation des outils de protection à 100%, dont l’esprit se débarrasse au profit de l’anticipation de la délectation de l’acte suivant (fin du travail répétitif, fin de la journée …), en omettant « d’informer le corps » de rester sur ses gardes.
« Tous les mouvements que nous faisons sans que notre volonté y contribue ne dépendent que de la conformation de nos membres et du cours que les esprits, excités par la chaleur du cœur, suivent naturellement dans le cerveau, dans les nerfs et dans les muscles. »
René Descartes qui décrit la possibilité d'un mouvement involontaire
Pourquoi sommes-nous dans le déni ?
Le déni désigne un refus de reconnaître la réalité d’une perception traumatisante et ainsi il permet de préserver le sentiment de sécurité et de protéger de l’angoisse de la situation présente.
La proximité de la fin de la situation de vigilance peut générer la baisse de l’attention, due à la quiétude du sentiment de maitrise de l’action encore en cours, qui vient se mélanger à la perspective très proche de pouvoir goûter à la récompense de l’action bien réalisée dans la situation future proche.
Quel est l'impact du déni pour notre sécurité ?
Le déni de la sécurité s’exprime par la mise en œuvre totalement inconsciente d’un acte qui va mettre en péril l’intégrité physique à quelques instants de clore une action jusque-là parfaitement contrôlée.
- Pourquoi cet employé retire-t-il son casque de protection quelques instants trop tôt ? sans même être
conscient qu’il s’expose ainsi à un risque optimal dans le laps de temps qu’il lui restait à être vigilant. - Pourquoi ce manager explose-t-il à la 10 ème fois que l’on lui pose la même question ? sans être conscient
du dégât relationnel que va générer sa réaction chez son interlocuteur qui lui, lui posait la question pour la
1 ère fois
C’est dans ce décalage espace – temps que peut apparaitre la notion de déni de préservation de soi.
Le traitement inconscient d’informations par le cerveau est largement exploré par de nombreuses expériences.
Ces expériences se basent sur la dissociation entre une performance et l’absence de représentation introspective de cette performance : le sujet fait/perçoit/comprend quelque chose, puis le sujet nie avoir fait/perçu/compris cette chose.
Les expériences explorant l’inconscient s’intéressent à des aspects de régulation que l’on pensait davantage sous l’emprise du contrôle conscient, comme la vue, la prise de décision, ou les opérations de cognition sociale.
Le cerveau inconscient peut non seulement effacer certaines données visuelles, ce qui falsifie l’image qui apparaît au cerveau conscient, mais aussi il peut remplir cet espace avec de fausses données et ainsi remplacer les données manquantes.
Les résultats obtenus en neurosciences cognitives révèlent le rôle essentiel de l’implicite – ou non-conscient cognitif – dans nos comportements tant normaux que pathologique…
Conclusion :
Plus je suis compétent dans mon activité, plus je risque d’être sous l’influence du déni de ma propre sécurité et de me mettre en danger sur les plans physique, mental ou relationnel.














