Conseils d’hygiène relationnelle

Conseils d'hygiène relationnelle

Chaque mois, nous vous proposons une synthèse libre issue de la compréhension d’une lecture qui nous a inspirée. Notre conviction : « La connaissance est le seul mets qui s’accroit lorsqu’on le partage ». 

L'inspiration du mois

93% de la communication serait non-verbale : mythe ou réalité

Livre Non-verbal-communication-Albert-Mehrabian

Albert Mehrabian – Non verbal communication

Albert Mehrabian est souvent considéré comme l’auteur et le concepteur d’une règle connue sous le nom de « règle du 7 % – 38 % – 55 % » ou « règle des 3V ». Cette règle, largement diffusée et répétée dans les domaines du développement personnel, de la PNL, du coaching et du leadership, est devenue si populaire que l’on ne s’interroge plus vraiment sur la véracité de son origine.

Cependant, cette règle a été parfois interprétée de manière abusive, certains affirmant, dans n’importe quelle situation, que la signification d’un message repose principalement sur la communication non verbale, au détriment du contenu verbal.

Cette généralisation est une erreur fréquente, comme le souligne lui-même Mehrabian sur son site internet : « À moins qu’une personne ne parle de ses sentiments ou de ses états d’esprit, ces équations ne sont pas applicables. »

En d’autres termes, ses recherches portaient sur ce qui se produit lorsque quelqu’un exprime une émotion verbalement, mais que son ton et ses expressions faciales contredisent cette émotion.
Par exemple, si une personne nous dit « c’est bon ta nouvelle recette » sur un ton inhabituel et avec une mine dégoûtée, nous aurons tendance à faire confiance à ses signaux non verbaux (cette personne n’aime pas mon plat) plutôt qu’à ses mots (qui disent l’inverse).
Il est probable que nous soyons davantage attentifs aux signaux non verbaux qu’aux paroles prononcées, ce qui souligne la complexité de l’interprétation des messages.

Les relations interpersonnelles, qu’elles soient entre deux individus ou en groupe, sont des phénomènes complexes. Il est vrai que la tonalité de la voix (ton, débit, articulation, sonorité) ainsi que la gestuelle jouent un rôle important dans la compréhension du message, pour le meilleur comme pour le pire.

Ce mythe peut donner à certaines personnes le sentiment que, de toute façon, ça ne sert à rien puisque leur corps les trahira (on notera que, souvent, le langage non-verbal est plus souvent présenté comme un opposant de l’orateur que comme un soutien.

En utilisant des expressions vocales, des gestes, des postures et des mouvements, nous amplifions, restreignons ou nions ce que nos mots se disent les uns aux autres.

👁️‍🗨️ La synthèse libre selon Kaleïdo

Développons notre intelligence verbo-linguistique

Ce qu’on peut retenir de ceci, finalement, c’est que la communication entre deux personnes ou vers un groupe n’est pas si simple qu’elle puisse être réduite à une équation

Commençons par travailler notre intelligence verbo-linguistique en 10 points : 

  1. Toute relation a deux extrémités. Je suis partie prenante de ce qui se passe à mon bout de la relation et de ce que je reçois de l’autre extrémité.

  2. Il m’appartient bien d’utiliser le «  je » et d’inviter l’autre à parler de lui.

  3. J’évite les 2 pièges principaux de l’incommunication

    – L’accusation ou la mise en cause d’autrui (c’est ta faute…)

    – La disqualification de soi (de toute façon je n’ai jamais su… j’ai toujours été incompris…)

  4. J’utilise et pratique la confirmation. Chacun a besoin d’être reconnu et entendu dans sa différence, son unicité, sans être comparé ou réduit à un modèle. Aucun ressenti intime exprimé par quiconque n’est contestable en soi.

  5.  Accompagner les émotions est difficile pour les adultes, car il s’agit d’accepter d’entendre les émotions comme un langage, en différenciant sentiments et relations

  6. J’ai le souci de nourrir, de dynamiser les relations qui sont ou restent importantes pour moi.
     

  7. J’apprends à ne pas entrer dans les jugements de valeur.

  8. Je ne confonds pas besoin et désir.

  9. Je renonce à imposer mes certitudes et croyances.

  10. Se rappeler la règle d’or de la communication : respect de soi et de l’autre ( assertivité).

Principes de base de l’écologie relationnelle

Distinguer « pouvoir » et « autorité ».

  • J’exerce du pouvoir sur l’autre quand je l’influence par la contrainte.
  • J’ai de l’autorité quand j’exerce une influence permettant à l’autre d’être plus lui-même.

Savoir adopter l’alternance des positions d’influence.
Je peux proposer sans imposer, témoigner sans convaincre, influencer sans soumettre.
Se positionner c’est prendre le risque de s’affirmer en exposant des désirs propres, un point de vue original, des projets personnels, des idées semblables, proches ou différentes.

Favoriser les positionnements relationnels centrés sur la différenciation et la confrontation.
 …Oser la confrontation (≠ affrontement) en ne confondant pas la mise en mots avec la mise en cause.

Maintenir la cohérence relationnelle autour de 4 grands axes : R²D²

RECEVOIR                       Accueillir ce qui est bon pour moi sans préjuger des intentions

REFUSER                          Non la personne, mais ce qui vient d’elle. Oser dire non pour soi

DEMANDER                    Oser faire des demandes en prenant le risque de la réponse

DONNER                          Offrir sans attendre de retour

Conclusion :

Selon vous, si vous le développiez, quel aspect (verbal, vocal, corporel) aurait le plus d’impact sur l’ensemble de votre communication en situation professionnelle ?

Alors, 93% de la communication serait non-verbale : mythe ou réalité ?

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